La petite fille qui n’aimait pas le sport

Il était une fois une petite fille qui n’aimait pas le sport. Elle aimait pourtant jouer dehors avec son frère et sa sœur. Elle aimait aussi faire du vélo et se baigner. L’hiver, elle aimait faire des bonhommes de neige et aller glisser. Pourtant, elle s’entêtait à croire qu’elle n’aimait pas le sport. En fait, elle n’aimait pas les sports qu’elle faisait à l’école dans ses cours d’éducation physique. Elle n’aimait pas les sports d’équipe et elle ne savait pas pourquoi.Maintenant que la petite fille est devenue grande, elle sait pourquoi…

Elle sait qu’elle n’aimait pas comment elle se sentait durant le cours d’éducation physique.
Elle appréhendait les cours d’éducation physique parce qu’elle savait qu’elle ne serait jamais choisis.
Jamais choisis comme chefs d’équipe.
Jamais choisis comme premier choix dans une équipe.
Ni comme deuxième, troisième, quatrième choix.
Elle savait une chose. Elle savait qu’elle ne se sentirait pas bien parce qu’elle serait choisi dernière ou dans les dernières. Choisis parce que les chefs d’équipe n’avait plus le choix…
Elle ne savait pas comment nommer ce sentiment quand elle était petite.
Maintenant elle sait. Et c’est ce sentiment qui a fait qu’elle n’aimait pas le sport.

Durant tout son primaire et tout son secondaire, elle a continué à croire qu’elle n’aimait pas le sport. Pire, elle a même crû qu’elle n’était pas bonne. Même son dernier professeur d’éducation physique lui a confirmé que le sport n’était pas pour elle. Dans son album de finissants, il y est écrit qu’elle était devenue une grande fille beaucoup plus portée sur les garçons que sur les sports. Ce texte, gravé dans sa mémoire, lui a fait croire encore plus qu’elle n’aimait pas l’activité physique.

Après toutes ces années d’activités physiques obligées, elle a fait le choix de ne plus en faire. À quoi bon, de toute façon, elle n’aime pas ça et elle n’est pas bonne. Elle a quand même continué à faire un peu de vélo, un peu de marche, mais rien de plus. Juste assez pour garder un peu la forme, mais pas trop. La petite fille était devenue grande et comme elle était obéissante, elle a continué de renvoyer l’image que les gens avaient d’elle. Une fille qui n’aime pas le sport.

Depuis qu’elle est adulte, elle a essayé de s’entraîner, de faire un peu de sport. À chaque fois, c’est la même chose. Elle commence et après un certain temps, elle abandonne. Pour les sports d’équipe, il n’est même pas question qu’elle y pense. Si on lui propose, elle répond qu’elle n’est pas vraiment bonne et qu’elle nuirait à l’équipe.

Pourtant, comme tout être humain, elle aime bouger, elle aime se sentir vivante. Mais comme tout être humain, elle n’aime pas se sentir rejetée. Alors pour éviter ce sentiment, elle a appris à dire qu’elle n’aime pas le sport, qu’elle n’est pas bonne de toute façon. La petite fille a appris à se protéger du mieux qu’elle pouvait et la grande fille la remercie de tout son cœur de l’avoir fait.

Depuis qu’elle est maman, elle se rend compte de l’influence qu’elle peut avoir sur ses enfants. Elle a donc décidé de réfléchir à la question. Elle a toujours pensé qu’elle n’était pas bonne et qu’elle n’aimait pas ça. Elle n’a jamais pensé que le sport n’était pas important. Elle est consciente que les activités physiques sont bénéfiques pour une vie en santé. Comme elle aime ses enfants et qu’elle veut ce qu’il y a de mieux pour eux, elle s’est tranquillement remise au sport. Maintenant qu’elle est grande et qu’elle peut choisir, elle choisit les sports qu’elle aime. Elle croit que l’être humain est fait pour bouger, c’est dans sa nature. Ce n’est pas naturel de passer des semaines sans s’activer. À son avis, ce n’est pas sain! Chaque fois qu’elle a décidé de remettre le sport à son horaire, elle se sentait mieux. Beaucoup mieux!

Aujourd’hui, la petite fille qui n’aimait pas le sport en fait presque tous les jours. Elle a choisi un sport qu’elle aime, pour se redonner confiance en elle. Pour se montrer qu’elle est bonne et qu’elle est capable. Elle sait maintenant qu’elle préfère les sports qui se pratiquent seul. Elle préfère être en compétition avec elle-même, se surpasser. Peut-être que plus tard elle voudra réessayer les sports d’équipe. Quand elle sera guérie de ce sentiment de rejet. Quand elle aura assez confiance en elle pour croire qu’elle a le droit de faire partie d’une équipe, malgré ses faiblesses. En attendant, elle prend le temps de guérir ses blessures en faisant un sport qu’elle aime et qui l’aide à se sentir vraiment bien.

Aujourd’hui, cette petite fille est devenue une maman qui voyage en vélo, avec ses trois enfants et son mari! Elle est tellement fière d’elle qu’elle avait besoin d’en parler. Maintenant, elle sait. Elle sait qu’elle est capable et qu’elle aime faire du sport.

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8 Comments

  1. Magnifique témoignage Isabelle…merci aussi pour le temps passé ensemble ce midi, je travaille fort à remettre ma caméra du bon sens !!! Bonne route !!

  2. Carole Berthiaume

    Bravo Isabelle. Ton témoignage est tellement touchant. Tu es absolument un modèle pour plusieurs !

  3. Salut Isabelle,

    Bravo pour ta revanche! Toute une revanche à part ça! Je suis sûre que ça va rejoindre plusieurs personnes. Comme ma nièce qui  »coulait » ses cours d’éducation physique et pourtant pratiquait la course de compétition et le vélo. Elle donne également des cours de ski de fond et de ballet classique. Comme quoi notre système d’initiation au sport comporte quelques lacunes…

    Bonne route!

  4. Ahhh! Ça me parle tellement ce que tu écris… C’est mon histoire!

  5. Monique et Victor

    Bravo, belle prise de conscience.
    Je viens de le lire a Victor, en fait on vous lit a chaque semaine le samedi ou dimanche
    Bonne journee et a la prochaine.

  6. Quel beau témoignage qui peut en inspirer plus qu’un. Très intéressants vos petits mots. On vous encourage à poursuivre votre route et toute une richesse pour la famille.

  7. Je n’avais jamais vu ça de cette façon. Rien de pire qu’être la dernière choisie pour former les équipes…

    Merci de partager ta réflexion. Je vais y réfléchir aussi!

  8. Ton témoignage me rejoint tellement, je me reconnais beaucoup ! J’en suis à l’étape de me faire confiance et de recommencer à faire ce qui me fait du bien. Merci d’être une femme si inspirante !! :)

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